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Accouchement programmé - Accouchement provoqué

Choisir la date de son accouchement est désormais possible. Vous n’étiez pas au courant ? La naissance d’un enfant ne survient pas toujours au moment où la nature l’a décidé... Pouvoir déterminer la date de naissance d’un bébé est un véritable sujet à converses qui divise aussi bien les médecins que les parents. Un idéal pour certains... une aberration pour d’autres. Dans une société où de nombreuses femmes prônent l’importance de mettre au monde leur enfant dans les conditions les plus naturelles possibles, d’autres choisissent d’opter à la nature ses droits pour inscrire dans leur agenda la date de leur accouchement comme n’importe quel autre rendez-vous. Aujourd’hui, environ 20% des accouchements sont programmés pour des raisons de convenance personnelle ou parfois pour des raisons médicales.

Déclenchement de l’accouchement

Un accouchement programmé est un accouchement qui est provoqué avant que le travail ne commence spontanément. Il peut avoir lieu avant le terme, à terme et après le terme. La mise en travail est artificielle : elle est stimulée par l’administration de médicaments. Avec ce type d’accouchement, on ne se pose pas la question "Quand partir à la maternité ?", la date de naissance est connue bien à l’avance ! Néanmoins, on distingue nettement deux types de situations où l’on peut être amené à déclencher un accouchement : les situation où l’état de santé de la future mère et de son enfant nécessite un accouchement provoqué d’indications médicales et celles qui relèvent de convenance personnelle.

Déclenchement de convenance

C’est ce qu’on appelle un accouchement programmé pour convenance personnelle. D’un point de vue médical, on estime qu’il ne devrait être pratiqué qu’à partir de la 37ème semaine de grossesse à condition qu’il n’y ait aucun antécédent de césarienne et que le col de l’utérus soit favorable. Pourquoi ? Il est impératif que les poumons du foetus soient assez matures pour s’adapter à la vie aérienne... Mais cette limite demeure tout de même très proche de la prématurité... De même, un accouchement provoqué pour convenance personnelle ne peut avoir lieu après la 40ème semaine de grossesse en raison du post-terme.

Accouchement programmé - accouchement provoquéDe nombreuses femmes enceintes font le choix d’opter pour un accouchement programmé plutôt que de laisser la nature prendre ses droits. Les déclenchements réalisés à la demande des futurs parents n’ont généralement aucune raison médicale, ils résultent de trois types de motifs :

- Motif organisationnel : Beaucoup de femmes enceintes préfèrent tout planifier à l’avance afin d’être en mesure de mieux contrôler la situation et d’éviter les "pépins" de dernière minute. L’accouchement programmé permet alors de prévoir la garde des aînés, d’arriver à temps à la maternité dans le cas où elle est éloignée du lieu d’habitation, de s’assurer de la présence du gynécologue-obstétricien, de permettre au futur papa d’être présent le jour J ou de synchroniser la date de la naissance avec l’arrivée d’un proche provenant d’une région éloignée...

- Motif psychologique : L’anxiété est une raison valable qui nécessite parfois la programmation d’un accouchement. L’aspect incontrôlable et déroutant de la phase de travail peut également angoisser les femmes enceintes stressées qui craignent d’être prises au dépourvues et de devoir partir en catastrophe à la maternité ! Parfois, les mamans ont le désir de réunir les paramètres d’un accouchement idéal et "sécurisé" selon les elles : accoucher en pleine journée lorsque l’équipe médicale est au complet... Les raisons d’ordre psychologiques comme la peur de revivre un ancien traumatisme sont nettement plus compréhensibles.

- Motif personnel : Dans la majorité des cas, c’est lorsque la femme enceinte désire abréger sa grossesse pour cause de fatigue maternelle. La fin de grossesse est souvent un cap difficile à surmonter : envie "d’en finir" et hâte d’accoucher... bref, dans ce cas, l’accouchement programmé permettrait de diminuer le stress et d’arriver à la maternité plus détendue.

En pratique ? Si c’est un accouchement programmé pour convenance personnelle, le col est normalement suffisamment mûr : l’application de prostaglandines sous forme de gel n’est donc pas nécessaire. Le médecin administre alors une forme artificielle de l’ocytocine afin de provoquer des contractions utérines qui déclencheront le début du travail. En cas d’absence de travail, la dose d’ocytocine est augmentée afin d’intensifier les contractions. Lorsqu’elles deviennent efficaces, la péridurale est installée. La sage-femme perce alors les membranes de la poche des eaux pour accélérer le travail. L’expulsion se déroule ensuite de la même façon qu’un accouchement spontané.

Les conditions requises

La décision d’accepter ou de refuser la programmation d’un accouchement pour convenance personnelle revient à votre médecin. Néanmoins, sachez qu’un déclenchement pour une indication non médicale ne peut être envisagé que si l’ensemble des conditions suivantes sont réunies :

- utérus non cicatriciel : la future mère ne doit pas avoir subi de césarienne dans le passé
- date du terme précise et certaine
- le déclenchement doit avoir lieu entre la 37ème et la 40ème semaine de grossesse
- col favorable : suffisamment mûr (ramolli, raccourci et partiellement ouvert)
- accord de la patiente des risques potentiels
- tête du bébé suffisamment basse
- bilan biologique complet effectué

Pour convenance des professionnels

De nombreux établissements encouragent les femmes enceintes à programmer leur accouchement. Pourquoi ? Le plus souvent, c’est un moyen pour l’équipe médicale de réguler l’emploi du temps des médecins, de mieux répartir la charge de travail, d’optimiser la prise en charge des futures mamans et d’éviter "les périodes de pointe" en désencombrant les salles de travail et les salles d’accouchement... Pour davantage de sécurité ? Pas si sûr...

Déclenchement d’indication médicale

La programmation d’un accouchement est parfois primordiale lorsqu’il existe un risque pour la santé du bébé ou celle de la maman. La condition principale c’est le bien-être fœtal. Pour cette raison, si l’enfant montre des fragilités, le déclenchement (qu’il soit de convenance ou d’indication médicale) est trop risqué. Il sera alors pratiqué une césarienne. Le déclenchement artificiel de l’accouchement est incontournable pour des raisons médicales parfaitement compréhensibles :

- En cas de terme dépassé au-delà de la 39ème semaine + 6 jours. A partir de la 40ème semaine, le déclenchement artificiel doit être envisagé en raison du placenta qui a vieillit et qui n’est plus en mesure de remplir l’ensemble de ses fonctions. Le bébé peut être en danger.

- En cas de rupture prolongée de la poche des eaux sans mise en travail : Absence de contractions spontanées dans les 24h à 48h qui suivent la perte des eaux. Le risque d’infection étant plus élevé, le médecin décidera de déclencher artificiellement le travail par application de prostaglandines (gel ou mini-tampon Propless par exemple) et si ça ne suffit pas, par perfusion d’ocytocine. Dans ce cas, il s’agit d’un déclenchement d’urgence !

- En cas de grossesse gémellaire

- Le déclenchement peut avoir lieu pour éviter la césarienne.

- En cas de faux travail : Ce phénomène précède généralement de quelques jours la survenue du vrai travail ! Mais il arrive parfois que le faux travail soit suffisamment pénible et douloureux pour provoquer artificiellement un accouchement. C’est encore une fois un déclenchement d’urgence !

- En cas d’un trouble chronique, d’une pathologie liée à la grossesse ou au bébé :
>>> arrêt de croissance du fœtus
>>> signes de mal-être de l’enfant (absence de mouvements)
>>> Diabète gestationnel mal équilibré : pour éviter de donner naissance à un bébé trop volumineux qui ne pourrait pas sortir par voie naturelle, il est conseillé de ne pas dépasser la 36ème semaine + 6 jours pour déclencher artificiellement l’accouchement.
>>> hypertension et risque de pré-éclampsie, insuffisance cardiaque...
>>> hydramnios (trop de liquide amniotique)
>>> oligoamnios (peu de liquide amniotique)
>>> macrosomie fœtale (bébé dont le poids dépasse 4 kilos)

En pratique ? Lorsqu’il s’agit d’un déclenchement d’indication médicale, le col de l’utérus n’est pas forcément "favorable". Dans ce cas, pour favoriser au plus vite la maturation et l’assouplissement du col, les médecins appliquent sur la zone du vagin une substance proche des prostaglandines sous forme de gel. Si le travail ne démarre pas spontanément, une dose d’ocytocine est administrée pour favoriser l’apparition des contractions. La rupture artificielle de la poche des eaux peut aussi avoir lieu. Le déroulement de l’accouchement déclenché est ensuite semblable à un accouchement spontané.

Avantages et inconvénients

Déclenchement de convenanceSauf pour raisons médicales, il n’y a aucun avantage à programmer un accouchement plus tôt que prévu. Malheureusement, on constate qu’une proportion importante des déclenchements sont pratiqués sans aucune indication médicale. Pourtant, de nombreuses recherches ont démontré qu’il était préférable d’attendre le terme de la grossesse et de ne pas procéder aux accouchements programmés en l’absence d’indication médicale pour plusieurs raisons :

- Une phase de travail plus longue : Si le col n’est pas suffisamment mûr, la dilatation est plus lente et le travail automatiquement plus long.

- Contractions plus douloureuses : C’est l’obstétricien qui contrôle l’intensité et la fréquence des contractions en administrant la bonne dose d’ocytocine. Cependant, on constate que dans bien des cas, la dose administrée doit être réajustée et augmentée pour parvenir à déclencher des contractions utérines efficaces. Ce surdosage entraîne alors l’utérus à produire des contractions bien plus douloureuses que celles d’un accouchement spontané. Pour cette raison, la péridurale est proposée systématiquement !

- Effets secondaires des médicaments : Intolérance, irritation vaginale en cas de gel ou d’ovule, problèmes cardiaques...

- Les poumons encore immatures de bébé : L’accouchement programmé doit avoir lieu lorsque les poumons de l’enfant sont suffisamment matures pour fonctionner seuls. Si bébé naissait trop tôt, il pourrait souffrir de détresse respiratoire.

- Taux de césarienne plus élevé : Les causes principales sont l’absence d’ouverture du col ainsi que la stagnation de la dilatation. On constate que ces échecs sont très mal vécus lorsqu’il s’agit de déclenchement de convenance : mais en l’absence de travail efficace, les médecins sont contraints de pratiquer une césarienne en urgence ! Ce genre de situation doit inciter à la plus grande prudence : les risques et les échecs d’un accouchement déclenché sont bel et bien présents, notamment si le col n’est pas favorable et que le foetus n’est pas à terme.

- Recours plus fréquent au forceps : Les études rapportent un nombre plus élevé d’extractions instrumentales, notamment du forceps.

Et bébé dans tout ça ?

La programmation d’un accouchement entraîne inévitablement une médicalisation plus importante. Les futures mamans doivent savoir qu’un accouchement programmé ne correspond pas vraiment à un accouchement naturel, il comporte davantage de risques bien que les conditions de sécurité sont toujours respectées.

Choisir la date de son accouchement

Sauf indication médicale, pourquoi vouloir devancer le timing imposé par la nature ? Saviez-vous que lors d’un accouchement spontané, c’est le foetus qui est chargé de déclencher le processus de travail précédant l’accouchement ? En effet, lorsqu’il se sent prêt pour affronter le monde et surmonter le jour de sa naissance, le système nerveux du bébé sécrète une hormone appelée ocytocine. Cette dernière va permettre au placenta de sécréter à son tour des prostaglandines. Sous l’effet des émotions, du stress et de l’excitation, le système nerveux de la future mère libère alors la même hormone que bébé, l’ocytocine. Cette hormone possède une action antalgique qui va alors anesthésier automatiquement les neurones du foetus pour lui permettre d’affronter le traumatisme de sa naissance. L’association de l’ocytocine (sécrétée à la fois par l’enfant et par sa mère) et des prostaglandines (par le placenta) vont déclencher un mécanisme surprenant et totalement naturel : les vraies contractions utérines qui entraînent la dilatation du col de l’utérus ! Lors d’un accouchement spontané, la production d’ocytocine chez la femme enceinte augmente à un moment bien précis favorisant l’attachement du nouveau-né à sa maman. Le corps est une mécanique extraordinaire doté de mécanismes ingénieux capables de préparer bébé au traumatisme de sa naissance. C’est magique... c’est la nature lorsque ses droits sont préservés.

Dans certains cas, le médecin n’a pas le choix : déclencher l’accouchement est nécessaire pour protéger à la fois la maman et son bébé de la survenue de complications aux conséquences graves. Mais si votre grossesse se déroule bien et que vous avez le choix, faites confiance à votre bébé qui décidera de pointer son nez dehors lorsqu’il sera prêt. Pourquoi le forcer à sortir de ce cocon si chaleureux si le moment n’est pas encore venu ? Avant de vous décider, interrogez-vous sur le ressenti et les souvenirs que bébé gardera de ce jour unique ? Chaque être humain garde en lui les souvenirs inconscients de sa vie fœtale : des traces indélébiles qui marquent le passage d’un individu sur cette Terre. Et vous, quel souvenir souhaitez-vous offrir à votre bébé ?




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